Intermarché · 2023
Transformer la fin du prospectus papier en capacité digitale locale
Face à la disparition progressive des prospectus papier, plusieurs magasins Intermarché devaient apprendre à utiliser les réseaux sociaux comme de véritables outils de communication locale. digitalie a accompagné dix gérants et leurs équipes pour structurer leur stratégie éditoriale, produire des contenus adaptés à leur zone de chalandise, piloter des campagnes publicitaires et gagner en autonomie.
En bref
Pendant longtemps, le prospectus papier a constitué l’un des principaux points de contact entre les magasins de grande distribution et leur clientèle locale. Sa disparition progressive ne représentait donc pas un simple changement de support : elle obligeait les points de vente à reconstruire une capacité de communication directe, régulière et mesurable.
digitalie a accompagné dix gérants et équipes de magasins Intermarché afin de transformer les réseaux sociaux en outils opérationnels de marketing local. La mission a combiné diagnostic, stratégie, formation et mise en pratique, avec un objectif central : permettre à chaque magasin de piloter sa communication digitale sans dépendre durablement d’un prestataire extérieur.
Un canal historique disparaît, mais le besoin de proximité demeure
Pour un magasin indépendant, le prospectus ne servait pas uniquement à diffuser des promotions. Il structurait une partie du calendrier commercial, entretenait la présence de l’enseigne dans les foyers et donnait de la visibilité aux temps forts du point de vente.
Sa disparition créait un vide que la simple ouverture d’une page Facebook ou Instagram ne pouvait pas combler. Publier quelques promotions de manière irrégulière ne permettait ni de recréer la relation de proximité, ni de différencier le magasin face à ses concurrents, ni de valoriser ses équipes, ses produits et son ancrage territorial.
La difficulté était renforcée par le fonctionnement même du groupement. Chaque magasin possédait son propre environnement concurrentiel, sa zone de chalandise, ses priorités commerciales et un niveau de maturité digitale différent. Les diagnostics réalisés ont ainsi intégré les concurrents locaux, les spécificités du territoire, les caractéristiques de la clientèle et les pratiques existantes sur Google, Facebook et Instagram.
L’enjeu réel n’était donc pas de « former aux réseaux sociaux ». Il fallait aider des dirigeants et des équipes opérationnelles à intégrer une nouvelle fonction marketing dans le quotidien du magasin, avec des méthodes suffisamment structurées pour garantir la cohérence, mais suffisamment simples pour rester applicables sur le terrain.
Construire une stratégie à partir de la réalité de chaque magasin
L’accompagnement a débuté par un audit de la présence digitale et des contenus déjà publiés. Cette première étape permettait de comprendre ce qui fonctionnait, ce qui manquait et la manière dont la communication était effectivement gérée au sein du magasin.
L’analyse ne se limitait pas aux comptes sociaux. Elle portait également sur l’environnement commercial, la concurrence, les temps forts locaux, les publics visés, les ressources disponibles et la maturité de l’équipe. Les interventions consacraient ainsi un temps spécifique à la compréhension des forces et faiblesses du point de vente, de sa clientèle et de ses priorités business.
À partir de ce diagnostic, chaque magasin disposait d’un plan de communication digitale décliné de ses objectifs commerciaux. Les fondamentaux étaient clarifiés : missions des différents canaux, cibles prioritaires, tonalité, principes visuels, territoires de contenus et rythme de publication.
Cette méthode permettait de dépasser une communication limitée aux offres promotionnelles. Les équipes pouvaient progressivement mettre en avant les produits, les métiers, les engagements locaux, les services du magasin, les événements et les personnes qui contribuent à son identité.
Donner un cadre commun sans effacer les spécificités locales
Le dispositif devait trouver un équilibre entre deux exigences. D’un côté, chaque magasin devait respecter les codes de l’enseigne et maintenir une présence cohérente. De l’autre, sa communication devait refléter son territoire et ses propres priorités.
digitalie a donc structuré une méthode réutilisable plutôt qu’un calendrier éditorial uniforme. Les équipes ont appris à identifier leurs sujets, observer les bonnes pratiques du secteur, hiérarchiser leurs messages et organiser leurs publications autour des temps forts commerciaux et locaux.
Les livrables comprenaient un plan stratégique de communication digitale ainsi que les outils, méthodes et bonnes pratiques nécessaires à l’animation de la présence en ligne. La démarche reposait sur trois séquences : audit et compréhension des enjeux, structuration des fondamentaux, puis formation et prise en main opérationnelle.
Les rôles des plateformes étaient également clarifiés. Les réseaux sociaux ne devaient pas reproduire mécaniquement le prospectus, mais contribuer à construire une communauté, créer des contenus engageants et toucher différentes catégories de clients.
Faire de la formation un véritable transfert de capacité
Une stratégie ne produit aucun effet lorsqu’elle reste dans un document. L’essentiel de la mission consistait donc à permettre aux équipes de l’utiliser concrètement.
Les sessions alternaient apports méthodologiques et exercices directement appliqués au magasin : création ou optimisation des comptes, administration des pages, lecture des statistiques, organisation d’une veille, construction d’un calendrier éditorial et conception de visuels avec Canva.
Les équipes ont également été accompagnées dans la rédaction des publications, l’utilisation de Facebook et Instagram, ainsi que le lancement de campagnes publicitaires locales. ChatGPT a été intégré comme outil d’aide à la production afin d’accélérer la formulation des contenus, sans remplacer la connaissance du magasin ni le jugement des équipes. Le périmètre couvrait ainsi la stratégie de contenus, la création de publications, la rationalisation de la production et les campagnes publicitaires.
L’objectif n’était pas de former des spécialistes du social media. Il était de construire un niveau d’autonomie suffisant pour que les équipes puissent publier avec régularité, adapter leurs contenus à l’actualité du point de vente et mobiliser les bons outils sans complexifier leur organisation.
Livrables structurants
- Audit de la présence digitale et des contenus publiés
- Analyse de l’environnement commercial et de la zone de chalandise
- Benchmark et veille sectorielle
- Définition des objectifs, des cibles et des territoires éditoriaux
- Stratégie différenciée par plateforme
- Principes visuels, éditoriaux et tonalité
- Calendrier et méthode de planification des contenus
- Formation à Facebook, Instagram, Canva et aux outils de production assistée par l’IA
- Méthode de lecture des statistiques et d’amélioration continue
- Accompagnement au déploiement de campagnes publicitaires locales
Résultats
L’accompagnement a permis de former dix gérants et équipes du groupement Intermarché et de leur transmettre une méthode directement applicable à leur magasin.
Au-delà de la maîtrise des outils, la mission a produit trois changements structurants.
Une stratégie locale plus lisible. Les équipes disposaient désormais de priorités, de territoires de contenus et d’un cadre éditorial permettant de relier les publications aux objectifs du magasin.
Une capacité de production internalisée. Les gérants et collaborateurs pouvaient concevoir, planifier, publier et analyser leurs contenus avec davantage d’autonomie, en s’appuyant sur des outils accessibles.
Une communication plus adaptable. Chaque magasin pouvait réagir à un événement local, à une actualité commerciale ou à l’arrivée d’un concurrent sans attendre la production d’un support national ou l’intervention d’une agence.
Ce que ce projet montre
Le remplacement d’un canal historique ne se résume jamais au choix d’un nouvel outil. Lorsqu’une entreprise abandonne un support profondément intégré à ses pratiques, elle doit reconstruire les compétences, les routines et les responsabilités qui permettaient à ce support de fonctionner.
Dans ce contexte, externaliser entièrement la communication aurait maintenu les magasins dans une relation de dépendance. À l’inverse, une formation générique aurait laissé les équipes seules face à la complexité de la mise en œuvre.
La transformation a reposé sur l’articulation de trois éléments : une stratégie adaptée à la réalité locale, des outils simples et une mise en pratique suffisamment concrète pour permettre l’adoption. C’est cette combinaison qui transforme un réseau social en véritable capacité marketing interne.
Le regard de digitalie
La transformation digitale des organisations de proximité ne se joue pas uniquement dans les plateformes ou les technologies. Elle dépend de la capacité à traduire une stratégie en gestes opérationnels que les équipes peuvent réellement intégrer à leur activité.
L’autonomie ne consiste pas à transmettre une liste de bonnes pratiques. Elle suppose de comprendre le contexte, de donner un cadre de décision et de rester suffisamment proche du terrain pour que ce cadre soit effectivement utilisé.
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“Aurelien a compris que nous n’avions quasi aucune connaissance en marketing digital, il a su nous faire découvrir cet univers et l’apprécier. Une performance vu notre niveau. Aurelien est très pédagogue et très agréable. Il sait s’adapter à son public. Un grand merci. Cela nous a permis de contrer un concurrent.”
Stéphanie Ruvel
Directrice - Gérante - Intermarché